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  • La justice au 21e siècle : les aspects économiques de la sécurité publique

    La justice au 21e siècle : les aspects économiques de la sécurité publique

    Chaque jour, la plupart d’entre nous faisons des suppositions. Nous supposons que nous sommes généralement en sécurité chez nous et dans nos rues. Nous supposons que les services gouvernementaux sur lesquels nous comptons vont continuer, inchangés. Nous supposons que notre espèce, comme personnes ou comme communauté, va s’améliorer avec le temps. Nous ne prévoyons pas un effondrement de notre système économique ou politique.

    Si nous n’entretenions pas certaines suppositions, nous n’aurions pas le temps de nous occuper de vivre au jour le jour. Et pourtant, il plane au-dessus de nous un nuage de grands titres de l’actualité qui devrait nous pousser à revoir nos attentes fondamentales.

    Au cours des quatre dernières années, l’économie mondiale a connu une crise multidimensionnelle. L’énorme dette américaine à long terme, la faillite des administrations d’État et locales, une zone euro menaçant de se dissoudre – ce ne sont que quelques-uns des facteurs qui nous obligent à repenser certaines de nos suppositions.

    La plupart des Canadiens s’en sont tirés à meilleur compte que les citoyens d’autres pays développés. Mais nous ne sommes pas immunisés contre la mauvaise santé financière et son effet sur la qualité de nos vies. Notre population est vieillissante, et ses demandes au système de santé du pays augmenteront ainsi que d’autres « dus ». Nous pouvons entrevoir une concurrence féroce entre ministères et organismes pour obtenir des fonds leur permettant de subsister, sans parler de croître.

    En regardant outre nos frontières, nous voyons des exemples des répercussions des difficultés financières sur la justice pénale et la sécurité publique. En Angleterre et au Pays de Galles, on réduit présentement l’effectif du maintien de l’ordre de plus de 20 000 policiers. Nombre d’administrations américaines ont déjà procédé à une rationalisation importante des services de police, en raison d’assiettes fiscales diminuées. Dans le domaine correctionnel, la Cour suprême des États-Unis a ordonné à la Californie de réduire sa population carcérale de plus de 30 000 détenus, en réponse directe à la surpopulation.

    Au pays, la juge en chef McLachlin a déclaré que les honoraires d’avocat élevés sont un obstacle insurmontable à la justice, pour ceux qui n’en ont pas les moyens. En Colombie-Britannique, les avocats de l’aide juridique ont parfois refusé leurs services afin de souligner le caractère inadéquat du budget de ce système. Le manque de disponibilité des shérifs a causé, dans certains cas, la fermeture non prévue de tribunaux. L’effet financier du projet de loi C-10 fait l’objet de débats incessants, et le coût des services de police de la GRC donne lieu à un examen sérieux des solutions de rechange municipales.

    Nos propres crises ne semblent pas avoir l’effet marteau de celles qui ont cours aux États-Unis et ailleurs. Nous avons l’avantage de disposer de temps pour réfléchir à des solutions de rechange et à des options avant d’avoir à faire face aux conséquences de style américain ou britannique.

    Pour encadrer la discussion de nos options, les organisateurs du Congrès canadien de justice pénale de 2013 ont déterminé que le thème de l’an prochain (du 2 au 5 octobre, à Vancouver) sera La justice au 21e siècle : les aspects économiques de la sécurité publique. Le congrès de 2013 est une entreprise conjointe de l’Association canadienne de justice pénale (www.ccja-acjp.ca) et de l’Association de justice pénale de la Colombie-Britannique (www.bccja.com). Ce sera la 34e de ces assemblées biennales.

    Récemment, le site Web de l’ACJP a publié un Appel de communications qui seront présentées au Congrès. L’annonce a aussi paru dans le magazine trimestriel, La Revue canadienne de criminologie et de justice pénale. L’Appel de communications constitue une occasion de contribuer directement à la conversation sur la réforme de la justice, un mouvement de réforme qui sera de plus en plus présent en raison du besoin de trouver des solutions abordables et durables.

    Pierre Trudeau a parlé du Canada, il y a plus de 40 ans, comme étant une « société juste ». Si nous aspirons véritablement à créer et à conserver un pays qui se veut une société juste, nous devons réfléchir à fond et sérieusement à la forme de notre système de justice, à son fonctionnement efficace, et à notre capacité de garantir et d’améliorer la sécurité publique. Il est temps de vérifier nos suppositions.

  • One Step Closer to Cannabis Regulation

    One Step Closer to Cannabis Regulation

    At the initiative of Moralea Milne, Councillor in the Municipality of Metchosin, B.C., a resolution at this year’s UBCM conference called on the government to decriminalize marijuana and research its regulation and taxation. As you may have noticed, you can’t stumble over a newspaper or a radio report without hearing that the resolution passed. Media headlines like “Municipal leaders join call to decriminalize pot,” announced the success of this resolution at B.C.’s annual conference of municipal elected officials in Victoria. Even now as I write, the CBC morning show is debating regulation of cannabis.

    It looks like these municipal officials have joined the chorus of voices expressing their disapproval for current laws that prohibit cannabis. Due to the efforts of Stop the Violence BC, former mayors and former Attorney Generals have spoken out against current cannabis laws.

    While the motion supports the decriminalization of marijuana, it also pushes higher levels of government to research legalization and taxation. At Monday’s study session at UBCM, city officials were tangibly frustrated with the current state of affairs. Municipal officials continually find themselves shouldering the burden of prohibition, including rising police costs and complaints from citizens that run the gamut from concerns about the grow op next door, to the lack of accessibility of medical cannabis.

    At the same time, estimates of the value of the underground economy usually settle somewhere between 6 and 7 billion dollars and 44.3% of B.C. residents have used marijuana, with 46% of 16-18 year olds trying marijuana at least once.[1] Clearly this lucrative industry continues to attract customers.

    Lurking in the background of the conversation are the same old concerns about the health and other effects of this drug. It seems to me that while we should acknowledge this concern, we need to remind ourselves that we currently regulate harmful substances like alcohol and tobacco. The question is this: are we achieving what we want from prohibiting cannabis? The statistics above suggest that we are not achieving our goals – and we haven’t included policing and other criminal justice costs that occur when people are arrested for possession.

    As David Bratzer from Law Enforcement Against Prohibition reminded his UBCM audience on Monday, we have three options for the control or regulation of marijuana: leave things as they are, where an unregulated group of people produce and sell an unregulated product; we could legalize it and allow it to be fully commercialized by corporations, a mistake made ad naseum with alcohol and tobacco, or we could consider legalizing and regulating it.

    This last option could draw on the best thinking in tobacco control, and combine this with a clear-eyed assessment of the positive and negative effects of this substance. Of course even among advocates of cannabis law reform there isn’t necessarily agreement about what a regulatory model would look like. So coming up with a model won’t be easy.

    Sometimes it seems like attempts to legalize and regulate cannabis contradict the growing trend of public health scrutiny towards ingestible products. On Monday the local Medical Health Officer in Victoria, B.C. suggested that a ban on high sugar drinks might be coming. But we need to remind ourselves that this policy move would not ban sugar (try to imagine what would happen if we did) but instead send a clear message that high sugar drinks (and I’m talking about 473 ml drinks that contain as much as 16 teaspoons of sugar) might not be all that great for our health.

    Clearly, I’m not a civil libertarian about these matters. I believe there is a role for social policy in regulating cannabis. Imagine a situation where you could buy cannabis products labeled with the THC content, where you knew if the product was organic and where the technologies for ingesting this product without smoke were widely available.

    What do you think about a regulated model for cannabis? Let us know. We want to hear from you.

  • What would it take to change cannabis laws in Canada?

    What would it take to change cannabis laws in Canada?

    Laws against cannabis in this country are the domain of the federal government. This is because cannabis is currently a controlled substance subject to the provisions of federal criminal law. In the current political climate, Stephen Harper’s Conservative government is unlikely to consider changes to the Controlled Drugs and Substances Act. But this hasn’t stopped activists in B.C. from pushing hard to end cannabis prohibition.

    Sensible BC is pushing forward a ballot initiative that would direct the B.C. provincial government to pass the Sensible Policing Act. It would redirect all police in the province from taking any action, including searches, seizures, citations or arrests, in cases of simple cannabis possession by adults. This would apply to all RCMP and municipal police in B.C.

    The success of these initiatives relies heavily on the political opportunity created by the intersection of media coverage and police claims about marijuana production in this province. In the past ten years, newspapers in B.C. have routinely covered marijuana issues by repeatedly pointing out the extent to which the production of this plant is controlled by organized crime and beset with violence and general social chaos. In a move sure to have the scholars of social movements talking for years, Stop the Violence BC (STV-BC) has moved into the space created by this media/police spectacle and garnered the support of key politicians, including four former Attorney Generals, to oppose the continued prohibition of cannabis.

    Yesterday, one of STV-BC’s founders, Dr. Evan Wood, spoke at a study session at the annual Union of B.C. Municipalities convention in advance of a vote on a resolution on decriminalization scheduled for Wednesday of this week. His presentation emphasized the failures of prohibition and urged the audience to consider regulation as an alternative. This study session featured a debate between Wood and a key opponent of regulation, Dr. Darryl Plecas, RCMP University Research Chair at the University College of the Fraser Valley.

    Plecas’ support for municipal programs that crack down on grow ops did not sit well with some members of the audience, especially where these programs have unnecessarily targeted innocent homeowners with intrusive electrical inspections and fines. The comments of his fellow opponents of regulation including Dave Williams, RCMP, and Pat Slack, Snohomish Regional Drug and Gang Task Force in Washington State, also seemed to admit the failure of drug prohibition even as these speakers ardently opposed the regulation of cannabis. This was apparent in their repeated comments that cannabis enforcement usually results in market displacement rather than eradication.

    Another speaker at this debate, Geoff Plant, a former B.C. Attorney General, grabbed the attention of his audience by speaking directly to their concerns about rising costs, and emphasizing that current laws are out of step with the social, economic and other potential harms of cannabis use. He urged them to consider that a law that is routinely and widely flouted makes all law a joke. Plant evoked laughter from his audience when he suggested that we need to get over our “multigenerational Reefer Madness” and deal with drugs as a public health issue, rather than through a failed criminal justice policy.

    These sentiments were echoed in a public event sponsored by Sensible BC later in the evening. Dana Larson kicked off the ballot initiative campaign with a roster of speakers who again forcefully made the case that current cannabis laws are routinely disregarded and that its harms do not nearly approximate the harms that ensue from continued prohibition, which include a vast underground economy, loss of tax revenue, drug violence, and an unregulated product.

    While speakers from both of these events were able to make the case that drug laws need to be changed, the “how” of cannabis regulation still requires further development and some creative thinking.

    The CDPC is committed to talking with Canadians about the possibilities of cannabis regulation and helping to build a regulatory framework that takes into consideration what we’ve learned from public health approaches to alcohol and tobacco. Stay tuned for more.

  • Quel est l’impact de l’ALÉNA sur les politiques sur les drogues?

    Quel est l’impact de l’ALÉNA sur les politiques sur les drogues?

    Qu’est-ce que l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) a à voir avec les politiques sur les drogues? À première vue, ces deux sujets ne semblent pas reliés. Mais tandis que la Caravane pour la paix poursuit sa route dans le Sud des États-Unis, nous, au Canada, avons la chance de nous arrêter et de réfléchir à la manière dont nos politiques peuvent vraiment aggraver les effets de la guerre aux drogues sur la frontière mexico-américaine.

    Les accords de libre-échange comme l’ALENA sont vantés comme étant la clé d’une croissance dynamique dans des pays comme le Mexique et le Canada. Mais un mémoire politique duCarnegie Endowment for International Peace suggère que les accords entre partenaires commerciaux n’atteignent pas toujours des buts aussi nobles, ni ne remplacent des approches plus polyvalentes du développement.

    En fait, les réformes du Mexique appuyées par l’ALENA ont été au mieux décevantes. Au pire, ces « réformes » ont contribué à faire du Mexique l’endroit idéal pour la production et le trafic de drogues. Même si les échanges commerciaux se sont certainement accrus, la croissance économique a été lente et la création d’emplois, médiocre. Les gains d’emplois limités dans la fabrication et les services ont été annulés par de nombreuses pertes d’emploi en agriculture. Les augmentations de salaire nécessaires, surtout pour les travailleurs non qualifiés, ne se sont pas concrétisées. Cela signifie que dans les régions rurales, les agriculteurs et les pauvres ont été les moins susceptibles de récolter les avantages des politiques commerciales libéralisées. La pauvreté rurale se chiffre à 55 % globalement et 25 % vivent dans une pauvreté extrême. Et le Mexique demeure l’un des pays de l’hémisphère le plus inégal.

    Alors, nous demandons-nous, que signifie cet appauvrissement continu du secteur agricole et des petits exploitants agricoles pour les politiques de contrôle des drogues? Les petits exploitants agricoles font face à d’incroyables difficultés et vivent dans des conditions de pauvreté, d’exclusion sociale et de négligence du gouvernement. Ces conditions influent sur leur décision de s’impliquer dans le commerce des drogues illicites. En outre, le manque d’autres possibilités économiques, notamment des salaires décents et des emplois de bonne qualité, pousse les gens pauvres vers le commerce comme petits revendeurs ou passeurs de drogue.

    Je ne suggère pas que l’ALENA soit tenu entièrement responsable de la situation actuelle à la frontière mexico-américaine où la violence est couverte à profusion dans les médias. Dans une certaine mesure, cette violence a été précipitée par des activités policières accrues liées aux drogues. Le président mexicain, Felipe Calderón, a déclaré une « guerre aux drogues » dès son entrée en fonction, en décembre 2006. Depuis, il y a eu une recrudescence sans précédent de la criminalité et de la violence dans le pays, plus de 47 000 personnes ayant été tuées violemment dans les 5 dernières années. En 2008, par exemple, la moitié des homicides au Mexique était directement liée au commerce des drogues. Bien que cela puisse sembler contrintuitif pour certains, une revue systématique de la recherche traitant des effets de la répression liée aux drogues sur la violence du marché des drogues a observé que la répression accrue liée aux drogues était associée aux niveaux croissants de la violence du marché des drogues. Bien que la violence soit souvent attribuée aux conflits entre cartels, la police et les militaires ont joué au moins en partie un rôle dans la perpétration de cette violence[1]. En même temps, le financement américain, par l’intermédiaire de l’initiative de Merida, a augmenté l’équipement et la formation fournis aux forces de police du Mexique, et le Mexique a été blâmé pour ses violations des droits de la personne[2].

    Des observateurs comme ceux du Washington Office on Latin America ont aussi fait remarquer que la guerre aux drogues menée par les États-Unis n’a pas réussi à supprimer la production ou le trafic des drogues illicites, alors que des lois sévères sur les drogues ont conduit à des violations des droits de la personne, à des prisons surpeuplées et à des menaces à l’égard des institutions démocratiques. Des milliers de Mexicains ont été tués, sont disparus ou ont été déplacés par suite de la guerre aux drogues. Mais les tentatives de soumettre ces politiques de contrôle des drogues à un examen minutieux sont entravées par des allégations selon lesquelles le marché de la drogue menace la sécurité nationale américaine et les relations commerciales.

    Le récent Sommet des régions, à Cartagena, a révélé la mesure dans laquelle l’Amérique latine est une puissance mondiale croissante. Plusieurs dirigeants de pays d’Amérique centrale et du Sud ont contesté les politiques économiques et de sécurité des É.-U. Et des groupes comme laLatin American Commission on Drugs and Democracy contestent les politiques prohibitionnistes dominées par les É.-U. Les rapports de la Commission réclament que les É.-U. et le Canada examinent leur complicité dans le marché de la drogue à titre de principaux pays consommateurs de drogues.

    Le Canada a reconnu que les Amériques sont d’importants partenaires dans les relations hémisphériques. Nous avons désigné l’Amérique latine comme étant une priorité de la politique étrangère, en 2007. Mais jusqu’ici, les mesures que nous avons prises ont été étroitement axées sur les échanges commerciaux et la sécurisation de la région. La sécurisation, notamment le maintien de l’ordre accru, la surveillance des frontières, la militarisation de la société civile, et la suppression de la dissidence est au cœur des stratégies de la guerre aux drogues.

    Une brève visite au site Web des Affaires étrangères et Commerce international Canada offrira aux lecteurs des liens à des communiqués de presse au sujet de l’aide du Canada à l’Amérique latine pour soutenir les mesures de sécurité. Le Canada, par ses programmes d’aide, est partenaire à part entière des programmes prohibitionnistes mondiaux de contrôle des drogues. Encore une fois, je ne suggère pas que nous abandonnions les efforts pour assurer la sécurité publique, mais je m’inquiète de ce que le Canada ait choisi de restreindre son champ d’action à la sécurité et aux accords de libre-échange, aux dépens d’approches plus polyvalentes et socialement justes qui favorisent le développement et l’inclusion sociale. Je ne suis pas le seul. Le Groupe d’orientation politique pour les Amériques du Conseil canadien pour la coopération internationale (CCCI) a soulevé certaines de ces préoccupations.

    Le CCCI invite les décideurs canadiens à réaligner leurs priorités politiques, pour des pays comme le Mexique, sur une stratégie axée sur les droits de la personne, la participation généralisée à la prise de décisions et le développement. Les approches canadiennes de l’aide et du commerce doivent aborder, et non exacerber, les causes profondes des problèmes de drogue et de criminalité des Amériques, et reconnaître que les approches militaristes nuisent à la sécurité publique.

    Alors, la prochaine fois que vous entendrez quelqu’un vanter les avantages du libre-échange, demandez-vous si ces politiques vont soutenir les institutions démocratiques, les stratégies de développement socialement justes et les politiques sur les drogues fondées sur les données probantes et les droits.

     


    [1] Voir U.S. State Department. 2011. Human Rights Reports: Mexico. À l’adresse :http://www.state.gov/j/drl/rls/hrrpt/2011/wha/186528.htm.
    [2] Seekle, C. et Finklea, K. M. (2011). U.S.-Mexican Security Cooperation: The Mérida Initiative and Beyond. U.S. Department of State: U.S. Congressional Research Service. À l’adresse :http://fpc.state.gov/documents/organization/171385.pdf.
  • Qu’est-ce que la naloxone?

    Qu’est-ce que la naloxone?

    La naloxone est un composé chimique sécuritaire et très efficace qui inverse les effets des opiacés comme l’héroïne. Depuis 40 ans, elle est utilisée dans des milieux cliniques comme traitement d’urgence contre les surdoses d’opiacés. Aux É.-U. et en Europe, les programmes « Take Home Naloxone » ont été associés à des réductions de jusqu’à 34 % des décès liés aux drogues[1]. L’utilisation de la naloxone au Canada est autorisée depuis plus de 40 ans, et elle figure à la Liste modèle de l’OMS des médicaments essentiels. La naloxone ne peut faire l’objet d’abus – en l’absence de narcotiques, elle ne présente essentiellement aucune activité pharmacologique. La naloxone ne fonctionne qu’avec les drogues de la famille des opiacés/opioïdes – elle n’est pas efficace pour les surdoses d’autres drogues comme la cocaïne.

    Comment la naloxone peut-elle réduire le nombre de décès liés aux drogues?

    La naloxone peut jouer un rôle majeur dans la prévention des décès – surtout si elle peut être administrée à une personne en surdose aussi tôt que possible. Afin de maximiser l’effet de la naloxone sur les décès liés aux drogues, il faut que la naloxone soit disponible sur les lieux de la surdose avant l’arrivée de l’aide spécialisée. Ce qui veut dire que la naloxone doit être disponible pour les membres de la communauté, aux fins d’utilisation d’urgence. Les programmes « Take Home Naloxone » ont été liés à des réductions de jusqu’à 34 % des décès liés aux drogues[2].

    L’accès à la naloxone varie autour du monde, notamment les doses à apporter (take-home) pour les personnes qui utilisent des drogues illicites en Europe, en Australie, de même qu’à Edmonton et Toronto. L’Écosse a instauré une National Patient Group Directive en août 2010 pour faciliter le développement de programmes de naloxone pour apporter. Les Patient Group Directives (PGD) permettent que la naloxone soit prescrite par des infirmières et des pharmaciens compétents. En Écosse, chaque personne libérée d’une prison et à risque de surdose reçoit une formation et une trousse de naloxone[3]. La naloxone est en vente libre à Turin, en Italie. Il y a plus de 180 programmes réussis de naloxone pour apporter aux États-Unis, comme le Project Lazarus de Caroline du Nord, qui a contribué à distribuer de la naloxone aux personnes qui sont à risque à cause des opiacés prescrits[4].

    Au Canada, la naloxone est contrôlée à titre de médicament sur ordonnance (MSO) en vertu de l’annexe F du Règlement de la Loi sur les aliments et drogues. Elle est prescrite par les médecins à des patients désignés nommément seulement, qui sont jugés à risque d’une surdose d’opiacés. La disponibilité de la naloxone est également soumise à la législation provinciale régissant les pharmacies ainsi qu’aux organisations professionnelles comme les collèges provinciaux de médecins et chirurgiens.

    La recherche a constaté que la disponibilité de la naloxone n’augmente pas l’utilisation des opioïdes. Des programmes ont remarqué que former des gens à administrer un médicament qui sauve des vies est une expérience qui change une vie.

     

     



    [1] Scottish Drugs Forum. Take-home Naloxone: Reducing Drug Deaths. À l’adresse :www.sdf.org.uk/index.php/download_file/view/132/108/

    [2] Buxton, et al., 2012; Scottish Drugs Forum.

    [3] National Services Scotland. 2012. National Naloxone Programme Scotland Monitoring Report – Naloxone Kits Issued in 2011/12. À l’adresse : http://naloxone.org.uk/index.php/allresearch/99-reseach14

    [4] Dasgupta, N. et al. 2008. « Project Lazarus: Overdose Prevention and Responsible Pain Management ». North Carolina Board of Medicine: Forum, p. 8. À l’adresse :www.ncmedboard.org/images/uploads/publications_uploads/no108.pdf

  • La vie des gens nous importe – Journée internationale de sensibilisation aux surdoses

    La vie des gens nous importe – Journée internationale de sensibilisation aux surdoses

    « Nous entendons aussi le témoignage de nombreux parents qui ont sauvé leurs propres fils et filles. Souvent, lorsque les gens s’injectent des drogues, cela [une surdose] arrive lorsqu’ils sont près de leur proches, plutôt que près d’autres utilisateurs de drogues, qui parfois savent mieux que les médecins quelle aide apporter. Si les parents ont une trousse de naloxone à la maison et qu’ils ont été formés à l’utiliser, ils peuvent faire une injection et voir leur enfant revenir à la vie sous leurs yeux. Les mères nous demandent souvent : « Pourquoi ne connaissions-nous pas la naloxone avant? Pourquoi le thérapeute n’a-t-il jamais mentionné qu’il existe un produit qui peut contrer une surdose et sauver une vie instantanément? »

    Ce sont les propos de Natalia, une travailleuse de service d’approche d’Ukraine, qui décrit l’effet salutaire du programme de prévention des surdoses de son organisme sur les clients, les employés et la communauté. Natalia a été interviewée par Sharon Stancliff, de la Coalition de réduction des méfaits de New York, durant un atelier régional sur le VIH et l’utilisation de drogues, à Kiev, Ukraine. Cette entrevue fait partie d’une série de vidéos de personnes qui parlent des expériences positives vécues dans les programmes de réponse aux surdoses :http://www.facebook.com/NaloxoneWorks/videos

    Natalia n’est pas la seule. Nombre de personnes ont été sauvées par une formation appropriée en matière de prévention des surdoses et de réponse à celles-ci. Beaucoup d’autres pourraient être sauvées si l’on multipliait ces initiatives. C’est là le sujet de la Journée internationale de sensibilisation aux surdoses.

    Qu’est-ce qu’une surdose?

    Une surdose signifie que votre corps a trop de drogues (ou d’une combinaison de drogues) pour pouvoir s’y adapter. Un certain nombre de signes et de symptômes indiquent que quelqu’un a pris une surdose, et ceux-ci diffèrent selon le type de drogue utilisé. Consultez ce site pour de l’information sur les signes d’une surdose.

    Entre 2002 et 2009, il y a eu 1654 surdoses fatales attribuées aux drogues illicites en C.-B.[1]. Les décès d’une surdose liée aux drogues sont une cause principale de mort accidentelle en Ontario. Les hausses de l’utilisation de médicaments sur ordonnance comme l’oxycodone ont précipité l’augmentation des surdoses. Chaque année, en Ontario, entre 300 et 400 personnes meurent d’une surdose impliquant des opioïdes sur ordonnance – le plus souvent, l’oxycodone[2]. En Ontario, les prescriptions d’oxycodone ont augmenté de 850 % entre 1991 et 2007. L’ajout de l’oxycodone à libération contrôlée au formulaire des pharmaciens a été associé à une quintuple augmentation de la mortalité liée à l’oxycodone et à une hausse de 41 % de la mortalité globale liée aux opioïdes[3].

    Qu’est-ce que la Journée internationale de sensibilisation aux surdoses?

    La Journée internationale de sensibilisation aux surdoses se tient le 31 août de chaque année. Commémorant ceux qui ont trouvé la mort ou qui se sont infligé une blessure permanente par suite d’une surdose de drogue, elle reconnaît également le deuil éprouvé par les parents et amis des disparus.

    Célébrée partout dans le monde, elle vise à sensibiliser aux surdoses et à réduire les stigmates des décès liés aux drogues, en particulier pour ceux qui pleurent la perte d’un être cher. Elle répand aussi le message que la tragédie d’une mort par surdose est évitable.

    Une idée inspirée

    La Journée internationale de sensibilisation aux surdoses a pris naissance à Melbourne, en Australie, en 2001. Sally Finn, gestionnaire d’un programme d’échange de seringues de l’Armée du salut, a été touchée par le chagrin qu’elle observait chez les parents et amis des personnes mortes par surdose. Elle a été témoin de leur incapacité à exprimer ce chagrin à cause des stigmates entourant les personnes qui utilisent des drogues.

    Sally a décidé d’organiser une célébration du souvenir. Pour commémorer ceux qui étaient morts par surdose, Sally a pensé à distribuer des rubans. Elle croyait en avoir besoin de 500… elle en a donné 6 000.

    Onze ans après, cet événement qui a eu lieu dans la cour arrière d’un centre de crise a évolué et est devenu la Journée internationale de sensibilisation aux surdoses, dorénavant célébrée dans le monde entier. Son importance mondiale reflète l’universalité des émotions humaines provoquées par la tragédie d’une surdose – une tragédie qui est évitable.

    Événements au Canada qui marquent la Journée internationale de sensibilisation aux surdoses 2012

    Ottawa : Ottawa : Cette année, Ottawa est l’hôte d’un événement au monument pour les droits de la personne, rue Elgin (angle Laurier) devant l’Hôtel de ville, de 11 h 30 à 12 h 30. Les orateurs présenteront une mise à jour des statistiques sur les surdoses en Ontario, La Dre Lynne Leonard (Université d’Ottawa) prendra la parole et les organisateurs demanderont un programme de prévention des surdoses (Naloxone), des centres de traitement fondés sur les données probantes, et la création d’un centre d’injection supervisée à Ottawa. Pour plus de détails, allez à l’adresse http://www.facebook.com/OD12Ottawa.

    Toronto : Le South Riverdale Community Health Centre offre un après-midi d’activités avec nourriture et films. Pour démarrer en beauté, ils déclarent que leur centre est une zone de Bon Samaritain, et rappellent aux gens qu’ils ne seront pas pénalisés s’ils attirent l’attention sur une surdose qui se produirait sur les lieux. Les activités se poursuivront par un exposé de Chantal Marshall, de The Works in Toronto, qui discutera du rôle que peut jouer la naloxone dans la réponse à une surdose, et de Walter Cavalieri, du Canadian Harm Reduction Network, qui parlera de l’importance du souvenir lors de la Journée internationale de sensibilisation aux surdoses.

    Edmonton : Le 31 août, Streetworks tiendra une cérémonie à la chandelle, à l’Hôtel de ville, à 14 heures. Il y aura aussi des discours prononcés par le médecin hygiéniste de la zone d’Edmonton, le Dr Christopher Sikora, ainsi qu’un représentant de l’Hôtel de ville. Il y aura également un tirage au sort, dont tous les profits iront aux programmes de sensibilisation aux surdoses.

    Victoria : Une vigile débutera à 10 h, angle Quadra et Pandora, pour honorer les disparus d’une surdose de drogue fatale, et pour reconnaître comment les stigmates et la discrimination, la criminalisation et le manque de services de réduction des méfaits, dont des services de consommation supervisée continuent de se solder par des surdoses fatales. Pour de plus amples détails, allez à l’adresse :http://www.facebook.com/events/409062005816507/permalink/410844272304947/.

     


    [1] Vallance, et al., 2012. Overdose Events in British Columbia: Trends in Substances Involved, Contexts and Responses. Victoria: Centre for Addiction Research of BC. À l’adresse :http://www.carbc.ca/Portals/0/propertyagent/558/files/180/carbc_bulletin8.pdf.

    [2] Division des programmes publics de médicaments. Ministère de la Santé et des Soins de longue durée. Communication de l’administratrice en chef. (http://www.health.gov.on.ca/english/providers/program/drugs/opdp_eo/notices/exec_office_odb_20120217_f.pdf). Le 17 février 2012.

    [3] Dhalla, I. A. et al. 2009 « Prescribing of Opioid Analgesics and Related Mortality Before and After the Introduction of Long‐Acting Oxycodone ». Canadian Medical Association Journal, 181(12).

  • Drug policy off-limits at AIDS 2012 Opening

    Drug policy off-limits at AIDS 2012 Opening

    The opening session of AIDS 2012 is the anchor event for many attendees. This is the place where world leaders in the AIDS movement say their piece and inspire attendees to continue their work. Speakers at this year’s session were numerous and notable, including World Bank President Jim Yong Kim, who delivered the message that his organization cares and wants to see more involvement of civil society in shaping global anti-poverty programs (despite years of insisting that countries scale down their social safety nets to receive World Bank financial assistance). The conference co-chairs, Diane Havlir and Elly Katabira, along with the Deputy President of South Africa also urged conference attendees to embrace the goal of eliminating HIV in our generation. All good stuff.

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    The highlight of the evening was Annah Sango from the International Community of Women Living with HIV/AIDS who spoke most poignantly about the need to integrate women’s issues into the international AIDS agenda. She praised the work of NGO’s addressing the needs of people who use drugs and reminded the audience that the way forward cannot proceed without the voices of those most affected, including people who use drugs, women, and sex workers. Speakers made it clear that organizations focused on AIDS in a global context have had major successes at scaling up prevention and treatment. Yet it was apparent that discussion of controversial issues like the decriminalization or even legalization of drugs was a nonstarter. Last night’s speakers briefly mentioned needle exchange but the overall framework of global drug policy was clearly not on the agenda.

    These profound absences were supposed to be remedied by the 2010 Vienna Declaration. But the lack of drug policy discussion last night makes it clear why CDPC’s presence is needed in Washington this week. Our work is to remind attendees that drug policy is AIDS policy and that harm reduction interventions and a discussion of legal frameworks should not only be up for discussion, but are central to the conference’s goal of an AIDS-free generation.

  • Twin Epidemics AIDS 2012 Pre-Conference

    Twin Epidemics AIDS 2012 Pre-Conference

    The CDPC is in Washington D.C., for AIDS 2012 – a sprawling conference and gathering that attracts some 25,000 people from across the world. Yesterday we attended a day-long satellite meeting on the “Twin Epidemics of HIV and Drug Use”. It was an intriguing mix of solo speakers and panel presentations.

    Gil Kerlikowske, U.S. Drug Czar, kicked off the day with a short talk about American drug policy. He talked about the U.S.’s new approach to drugs as a “third way”, though I’m not sure he spelled out the other two ways. Clearly he wanted his audience to appreciate that the U.S. War on Drugs was coming to an end. But the deployment of American law enforcement along the Mexican border, in Honduras and parts of Africa might suggest otherwise.

    Photo via HCLU
    Photo via HCLU

    Kerlikowske took pains to talk about his support for a public health approach to drug use and praised his government’s support for the 2,600 drug courts already in existence in the U.S. However, he did not mention some of the issues inherent to the quasi-coercive methods used by these courts.

    He also made clear his support for needle exchange, though was careful to note that Congress had tied his hands by banning federal funding for syringe distribution in 2011. He ended with a vague call for a “critical convergence” between public health and public safety. His definition of public health was clear from his earlier remarks, but his definition of public safety remained a small mystery, though he is likely referring to a continuation of the criminalization of some drugs.

    Liz Evans from the Portland Hotel Society gave an impassioned presentation of the successes of Vancouver’s supervised injection site, Insite. Panel presentations ran the gamut. There was much discussion about the need to scale-up harm reduction interventions that can reduce HIV transmission. Speakers praised efforts to increase the availability of methadone, needle exchange, treatment, detox, and overdose prevention programs.

    There was talk about the UNAIDS goal to reduce HIV infections by 50% among people who use drugs. Presentations examined the gap between what countries are willing to do and what’s needed. Over and over again, it was clear that civil society organizations with the support of the Global Fund and the Open Society Foundations carry the lion’s share of responsibility for harm reduction services around the world.

    Funding for these groups is often precarious and time-sensitive. Speakers from the Global Fund advised audience members that the Fund is undergoing a review of its proposal processes and its approach to funding harm reduction. Clearly, audience members were worried that this might spell an end to the Fund’s support for harm reduction. We were advised to contact board members at the Fund to press our case for the continuation of harm reduction funding.

    It likely won’t come as much of a surprise that U.S. concerns shaped the agenda for this meeting. Congress’s decision to withdraw funding for needle exchange underscored the stigma that shapes the lives of people who use illegal drugs. With this ban in place, it was difficult for some U.S. attendees to move beyond discussion of needle exchange to programs like supervised injection and heroin assisted treatment. Daniel Wolf from the Open Society Foundations pressed U.S. representatives to help audience members make sense of Congress’s decision and it was clear from their responses that promoting discrimination against people who use drugs is still politically useful in the U.S. There was also a curious sentiment among U.S. attendees: their hope for more meaningful drug reform measures in Obama’s second term (if he wins in November).

    Some of the speakers spoke of their drug use histories and reminded audience members to focus on the whole person in their efforts to stem HIV infections. Representatives from civil society organizations including those in the U.S. talked about the needs of the people they serve and decried the deeply “resource scarce” environments in which they operate.

    Over and over again some speakers spoke of the vulnerable groups who need harm reduction services, including men who have sex with men, people who use drugs and sex workers. So much so, that a speaker from New York’s Harm Reduction Coalition challenged some of these presenters to avoid re-marginalizing people with language that both fails to recognize the diversity within these groups and frames these groups as problems to be solved. As this critic noted, it was clear that politicians and world leaders were clearly the problem when it comes to meeting the needs of people who use drugs.

    All in all, the day ended with a feel good sentiment but not much consensus on how to move forward. Speakers acknowledged that practical solutions exist, but are often politically unpopular. In the coming days, we look forward to deeper discussions at the conference about how to scale-up proven programs like needle exchange and supervised consumption.

  • Les tribunaux de traitement de la toxicomanie au Canada : le bon, le mauvais, et la recherche médiocre

    Les tribunaux de traitement de la toxicomanie au Canada : le bon, le mauvais, et la recherche médiocre

    Les tribunaux de traitement de la toxicomanie (TTT) sont souvent vantés comme étant la solution à un cycle de toxicomanie et de crime. Mais le sont-ils? Voilà la question à laquelle le Réseau juridique canadien VIH/sida a tenté de répondre dans une publication de 2011 qui examine les activités de six tribunaux de traitement de la toxicomanie du Canada, financés par le fédéral (Toronto, Edmonton, Vancouver, Winnipeg, Ottawa et Regina). Cette étude constitue aussi une introduction aux TTT pour les profanes. Le rapport ne rejette pas totalement les TTT, mais soulève de sérieuses questions sur leur mode de fonctionnement et leur efficacité.

    Comme l’indique ce rapport, la notion selon laquelle la toxicomanie est le résultat d’une lacune morale a, dans certains secteurs, entraîné l’idée que c’est une maladie chronique qui peut répondre à un traitement médical. Les tribunaux de traitement de la toxicomanie, comme l’énonce ce rapport, fonctionnement d’après une combinaison de ces hypothèses.

    Les TTT étant promus comme moyen de réduire l’utilisation de drogues et de prévenir le crime, ils adoptent l’idée que le traitement peut atténuer la toxicomanie.

    Mais ils ont également recours à des méthodes quasi-coercitives et punitives qui sont plus près du système de justice pénale. Les candidats à un programme de TTT doivent plaider coupables d’un crime et se soumettre à une analyse d’urine obligatoire. Le défaut d’adhérer au programme de traitement ordonné par le tribunal peut se traduire par une peine d’emprisonnement. Mais si la toxicomanie est une maladie chronique récurrente, comme le suggère l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, à quel point répond-elle à ces techniques quasi-coercitives utilisées dans les TTT? Pas beaucoup, selon les auteurs de ce rapport.

    Ce rapport soulève aussi de sérieuses questions sur la méthodologie de la recherche sur les tribunaux de traitement de la toxicomanie. Ses auteurs allèguent qu’étant donné l’absence d’étude de suivi sur les expériences des participants, et les faibles taux de maintien des participants dans de nombreux programmes de TTT, il est difficile de conclure, à ce stade, si les tribunaux de traitement de la toxicomanie entraînent ou non une diminution de l’utilisation de drogues et/ou du récidivisme. Plus inquiétant encore, ces auteurs ont observé que les femmes sont moins susceptibles de se porter candidates à un TTT, et moins susceptibles de graduer à des niveaux comparables à ceux des participants masculins, en partie à cause de l’absence de programmes sexospécifiques et de programmes souples qui conviendraient aux responsabilités parentales. Les femmes et les hommes autochtones sont également moins susceptibles de terminer des programmes de TTT en partie à cause de l’absence de services de traitement spécifiques pour les Autochtones.

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    Télécharger le rapport

    Les auteurs du rapport se demandent dans quelle mesure l’inscription au traitement est volontaire lorsque la prison est l’autre possibilité et que l’accès aux autres traitements est limité. Comme le mentionne le rapport,

    « compte tenu de la difficulté d’avoir accès à un traitement de la toxicomanie et à des services sociaux sans passer par le système des TTT, on peut douter du caractère volontaire de l’inscription aux TTT »

    . Les auteurs indiquent également que le système des TTT peut potentiellement éroder certaines des garanties procédurales du système judiciaire traditionnel. Les tribunaux de traitement de la toxicomanie peuvent aussi enfreindre les droits de la personne, plus précisément, le droit à la santé prévu à l’article 12 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, parce qu’on peut refuser aux participants l’accès à un service de santé s’ils ne se plient pas aux règles du programme TTT.

    Globalement, ce rapport demande si allouer des ressources limitées à un traitement de la toxicomanie presque forcé par l’intermédiaire du système de justice pénale, plutôt que d’élargir l’accès à un traitement volontaire de qualité est la meilleure façon d’aider les gens à restreindre leur utilisation de drogues et à prévenir le récidivisme.

    Pour plus de détails, consultez : Jugement déficient : Évaluation de l’opportunité des tribunaux de traitement de la toxicomanie, en réponse à l’usage de drogue au Canada du Réseau juridique canadien VIH/sida. À l’adresse :http://www.aidslaw.ca/publications/interfaces/downloadFile.php?ref=2036